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Dans
le rapport que l'adolescent établit au sentiment de différence,
il y a aussi bien des aspects positifs, constructifs, que des aspects
destructeurs et négatifs. Or, à la lumière des enseignements
du Bouddha, on se rend compte que ce que l'on croyait constructif, positif
ou négatif peut ne pas l'être, ce qui signifie que les croyances
peuvent évoluer. En tout état de cause, il est important
de se demander : " qu'est-ce que je fais avec ma différence,
et qu'est-ce que je fais avec la différence des autres ? "
Toutes sortes d'émotions s'élèvent avec ce sentiment
d'altérité : on développe de l'orgueil ou bien encore
du mépris ou de la peur. Ce qui est certain c'est que la dissemblance
ne nous laisse pas indifférent émotionnellement ! Il va
donc nous falloir réfléchir sur la conduite éthique
à adopter dans notre recherche de particularité. Il nous
faut nous demander pourquoi nous posons cette différence. Tout
en sachant qu'à l'adolescence il est nécessaire de s'affirmer
dans une spécificité marquée, tant par rapport à
la famille, qu'à l'école, qu'au monde adulte en général.
Nous ne sommes plus l'enfant que nous étions, nous ne sommes pas
encore l'adulte que nous serons, et nous avons besoin de nous distinguer
des gens qui ont élevé, c'est un réel besoin. Cette
affirmation entraîne le rejet, la solitude, la séparation,
l'abandon et la fermeture, c'est-à-dire un côté lourd.
Puis, de l'autre côté il y a l'amusement, la créativité,
l'ouverture, l'originalité et l'enrichissement.
Différences
et actes:
Le Bouddha a expliqué que si l'on est ce qu'on est, c'est parce
qu'on en a créé les causes. C'est parce qu'on a posé
des actes à travers le corps, la parole et l'esprit et chaque acte
étant une graine, mûrit sous forme de ce qu'on est aujourd'hui,
il est important de s'en souvenir, de le savoir. Qu'est-ce qui fait que
quelqu'un est plutôt colérique, orgueilleux ?
Nous sommes marqués par ce qui est appelé les tendances,
les habitudes mentales. Au fil du temps, on a crée des tendances
; il y a donc une différence de fait. Mais le karma ce n'est pas
cette espèce de fardeau de destin, le karma c'est aussi ce que
nous faisons maintenant, et il nous faut nous demander : " qu'est-ce
que je fais de ma différence ou de ma non-différence ? ".
Karma ça veut dire " faire ", c'est l'action. Comment
je peux construire ce que j'ai envie d'être, par rapport aux autres,
et par rapport à moi-même ? Il y a une différence
de fait qui est le fruit de ce que j'ai accompli, rassemblé, puis
il y a une possibilité de faire quelque chose avec cela.
Il n'est pas question d'annuler ma différence, les différences
ou des formes de différence, ni de les accentuer. Il est question
de se demander : " quelles conséquences cela a-t-il, quand
je pose des différences ? Pourquoi je le fais et est-ce que c'est
nuisible ? " Il est évident que parmi les émotions
qui sont fortes à l'adolescence, y a la colère et l'orgueil
et heureusement ! C'est en effet une façon de s'affirmer, c'est
pourquoi il ne s'agit pas de les gommer, il s'agit plutôt de voir
quels actes nous posons lorsque nous sommes sous le coup de ces émotions
et quelles en sont les conséquences.
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