KARMA ET DIFFERENCE



 

 














 

Différence et réflexion
Lorsqu'on est adolescent on aime vivre en groupe. Là aussi, il nous faut nous demander quelles conséquences cela peut avoir sur les autres. Est-ce que c'est douloureux pour certains, est-ce que cela créé un sentiment de rejet chez d'autres, est-ce qu'il y a suffisamment de compassion, de vigilance et d'attention dans ce que nous faisons ? Ou, au contraire, est-ce très fermé, rigide et violent ? On réfléchira alors à la violence, parce qu'elle n'est pas qu'apparente, visible et grossière, elle peut être très subtile, dans du non-dit par exemple, dans des actes ou des gestes, dans un état d'esprit.
Réfléchir, se poser des questions est essentiel : voir ce dans quoi nous sommes et qu'est-ce qui a fait que nous y sommes, quels sont les éléments qui se sont enchaînés et qu'est-ce que nous avons à voir là-dedans ? Est-ce que les événements sont dus aux autres ou à nous-mêmes ? Est-ce du à la rencontre ? Quand je réagis, quelles conséquences vont avoir mes actes ? Prendre un peu de recul, plutôt que d'être pris par la situation, où tout à coup on est face à la violence ou à une différence insupportable. Ainsi, nous allons développer un grand sentiment de liberté, du fait même d'exercer cette possibilité de nous regarder, de regarder la situation dans laquelle nous sommes et l'environnement. Nous le ferons en prenant du recul, en sachant que nous ne sommes pas manipulés par la situation. Nous ne sommes pas complètement piégés, nous pouvons faire des choix, et c'est une immense liberté. Le piège c'est de s'enfermer dans une vision de soi-même, des autres ou du monde une fois pour toutes, en se disant que ce qui advient est définitif. Ce type de croyance crée un sentiment de différence qui peut nous piéger et nous risquons de nous enfermer ainsi que les autres. En fait, il y a la différence individuelle et la différence de groupe. A l'adolescence, on a besoin du groupe, c'est une nécessité absolue de se sentir appartenir. C'est une façon de faire la transition entre le lien à la famille et l'autonomie. La différence poussée à l'extrême amène à un orgueil extrême qui mène à l'isolement. Nous fonctionnons sur le rejet, l'attirance et l'aversion. Ce dont il faut se rappeler c'est qu'il n'y a rien de définitif. Nous sommes en relation avec des gens et chacun peut changer. Nous parlons du vivant, où tout change tout le temps y compris les personnes.

La différence et le jugement
Peu à peu on va arriver à ressentir un sentiment à la fois de sécurité et de solidité, quelque chose sur lequel on peut s'appuyer. De ce fait, on devient moins dépendant du regard des autres. Le sentiment de différence est très lié au regard des autres, au jugement. Il est essentiel de trouver moyen de sentir que l'on n'a pas tant besoin de l'approbation des autres pour pouvoir se sentir en sécurité. Il s'agit à la fois de tenir compte de ce regard extérieur, par respect pour les autres, et en même temps, de tenir compte de notre différence et de notre spécificité. Et ce n'est pas évident à l'adolescent, une période de vie où l'on est en pleine mutation, et où de grands instants d'insécurité, et de dépendance sont présents en soi. Il nous faut donc trouver une stabilité intérieure, ce qui ne veut pas dire se figer, mais au contraire découvrir en soi un espace dans lequel tout peut se passer. Et comme on sait qu'il y a de l'espace autour, on a moins peur du mouvement, on peut trouve un souffle, de l'intervalle dans lequel on se sent moins en insécurité et en peur par rapport à ce qui arrive, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur.

L'enseignement du Bouddha, nous apprend à nous remettre en question. Lorsqu'il y a un problème, une difficulté, il nous faut avoir le courage de nous dire que le problème n'est pas tant l'autre que nous-même. C'est peut être une des grandes différences avec les attitudes mondaines courantes où l'on a souvent l'habitude de dire que si problème il y a c'est l'autre, quel qu'il soit, qui en est la cause. Vivre nos différences, toutes nos différences comme des opportunités d'évolution plutôt que comme des supports de jugement, voilà une piste de développement qui nous est proposé sur le chemin vers l'Eveil. L'intérêt qu'il peut y avoir à l'emprunter c'est qu'elle peut être source de bonheur, tant pour nous-même que pour les autres.